Les secrets de la marinière

Il y a tant de choses à dire au sujet de la marinière. Pour vous, l’équipe de From Breizh a décidé de vous raconter les grandes étapes de l’épopée de ce mythique pull marin.

Emblème frenchy et breton par excellence, la marinière est aujourd’hui l’incontournable vêtement de la penderie française qui a traversé les siècles, sans se démoder.

 

Mais quelle est son histoire ?

Pourquoi cette pièce de tissu au graphisme épuré a-t-elle tant séduit les créateurs et pourquoi est-elle devenue un emblème, un stéréotype de notre pays ?

 

Initialement, la marinière est un sous-vêtement en jersey (oui, oui !) appelée « tricot rayé » et portée par les matelots d’équipage comme tricot de corps. Les marins, ne portant ni slip, ni caleçon, portaient le tricot, qui descendait jusqu’au début des cuisses, afin de protéger leur peau des agressions du sel et du froid. On évite alors boutons ou coutures qui risqueraient de s’attacher dans les cordages du bateau pour plus de sécurité. À l’époque, ce que l’on appelait marinière était une blouse sans rayures, bleue et blanche, dotée d’un grand col marin, qui s’enfilait au-dessus du tricot rayé. Loin d’être réglementé, cet équipement était en réalité composé des vêtements personnels des matelots qui embarquaient en mer et, selon la légende, s’avérait bien pratique à repérer si l’un d’eux tombaient par-dessus bord (oh hé, oh hé capitaine abandonné).

 

En 1858, un Bulletin officiel de la Marine française règlemente alors la tenue des matelots d’équipage au même titre que leurs supérieurs. Les ordres sont stricts, le tricot doit afficher 21 bandes blanches pour 20 ou 21 bandes bleues sur le torse et, pour les manches, 15 bandes blanches pour 14 ou 15 bandes bleues. À cela s’ajoute les dimensions exactes des rayures : les bandes bleues doivent mesurer l’exacte moitié des bandes blanches, soit 10 mm en bleu pour 20 mm en blanc. Mais pourquoi tant de précision, me direz-vous ? Eh bien, il ne s’agit là que d’une question de technique de tissage. Lors de la coupe du tissu, une bande pouvait être coupée, mais bon, une fois la marinière glissée dans le pantalon à ponts, on n’allait pas en faire tout un pataquès ! La marinière étant devenue l’habit officiel de la Marine française, elle devient un symbole de la nation dans l’esprit de tous.

 

Bien que le col marin soit retravaillé par d’autres créateurs, le fameux pull marin aux manches trois-quarts, sans col, sera popularisé grâce à la sublime Coco Chanel qui ouvrit sa seconde boutique « style marin » à Deauville durant la Seconde Guerre Mondiale. Raccourcie pour répondre à la demande féminine, le succès de la nouvelle marinière est immédiat et vient s’inscrire dans l’industrie du luxe.

Porté par de nombreuses célébrités comme Jean Cocteau, Brigitte Bardot, Yvette Horner ou Pablo Picasso, le pull marinière devient le « must have » à la française.

Plus tard encore, inspirant d’autres créateurs, Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfeld revisiteront à leur manière la pièce maîtresse de la maison Chanel tout en respectant ses codes haute couture.

 

Aujourd’hui, la marinière est toujours associée à l’univers marin (et surtout breton !) et les créateurs aiment la détourner de son usage initial.

Jean-Paul Gaultier, par exemple, est un amoureux de ce pull à rayure sous toutes ses formes et ses couleurs depuis les années 1980.

Ses défilés en sont truffés et il réussit à renouveler la marinière dans des styles modernes et décalés.

Chez nous, dans la famille From Breizh, on retrouve Chapline de la Faille qui revisite cette pièce intemporelle, le classique rayé avec des slogans accrocheurs et des touches de couleurs bien moins réglementaires qu’à l’époque, mais bien plus fun : “Je peux pas, j’ai tempête”

De même, Sandrine de Courcy s’inscrit dans un esprit renouvellé : elle détourne les marinières en bijoux pour un stylé tendance et iodé, à porter sans modération au poignet.

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